La planification de jardin qui t’enlève de la pression

« Planifier son jardin potager est un art dont la maîtrise est délectable« 

-Pas un poète connu

Il n’y a aucun problème à laisser son inspiration guider spontanément la plantation. Mais réfléchir à l’avance à l’aménagement de son potager, ça aide quand même. Surtout si:

  • tu disposes d’un espace restreint (jardin de balcon, parcelle de jardin communautaire ou coin de cour clandestinement réhabilité)
  • tu veux profiter de récoltes tôt et tard dans la saison
  • tu t’absentes une partie de l’été

Évidemment, il y a autant de façon de planifier un potager qu’il y a de jardiniers! D’un naturel plus relax au jardin, on a dû s’organiser au maximum pour fournir presque 200 familles en légumes du temps de nos paniers bio. Mais pour fournir une seule famille, pas besoin de repousser les limites d’Excel comme on a fait! Assure-toi juste de suivre ces quelques bases pour planifier un potager productif, et ta saison devrait être pas pire.

Truc numéro zéro: commence pas à penser au jardin en juin. C’est pas encore trop tard, mais tu pars avec une prise.

1 – Considérer l’espace disponible et exploiter le vertical

Première étape de la planification de ton jardin potager: quelle surface est disponible? Ça peut sembler trivial, mais pas mal de jardiniers sous-estiment l’espace que vont prendre les plantes. Fie-toi à ce que l’étiquette mentionne.

Certaines espèces sont plus susceptibles que d’autres de déborder de l’espace qui leur est réservé. Les courges et les concombres, en tête de liste, sont des vignes couvrent rapidement le sol de leurs belles grandes feuilles si elles n’ont rien pour grimper. Bonne nouvelle, leur croissance est linéaire et donc facile à contrôler: laisse-leur un corridor libre dans lequel elles vont pouvoir s’étirer et pense à les ramener à l’ordre une fois de temps en temps. S’il y a de l’espace autour, les courges et les concombres trouvent leur place en bordure de potager.

Si les courges sont souvent trop lourdes pour laisser le plant grimper, les concombres peuvent être montés sur un treillis pour économiser de l’espace au sol. D’autres plantes qui permettent d’exploiter l’espace vertical sont les haricots et les pois grimpants ainsi que les kiwanos. Autant de bonnes options pour un jardin de balcon.

Si l’espace est restreint et que la proximité plante-humain est inévitable, certaines plantes sont à éviter. En tête de liste, les zucchinis dont les tiges sont hérissées de poils piquants et irritants. 

2 – Acheter des plants ou des semences?

Bonne question! En théorie, tout se part à partir de semences. Mais ça prend du temps et ne fait pas de sens pour tout.

Radis, betteraves, navets, carottes poussent suffisamment vite et leur racines n’aiment pas trop être perturbées par la transplantation (ils auront tendance à former des radicelles de côté, ce qui donne l’impression d’une racine chevelue). Ça en fait de bons candidats pour êtres démarrées de semences.

D’autres légumes, en revanche, ont besoin de beaucoup de temps pour arriver à maturité et ont besoin d’une longueur d’avance sur notre courte saison. C’est le cas des tomates, aubergines, piments, poivrons, oignons, poireaux et céleris. Ceux-là doivent être semés aussi tôt qu’en mars, en mai achète des plants.

Les laitues, concombres, courges, zucchinis, choux et la plupart des fines herbes peuvent être transplantés ou semés directement au jardin. L’avantage de les transplanter est de prendre quelques semaines d’avance en démarrant les semis à l’intérieur, avant même que le risque de gel soit passé. Dans un jardin où les herbes indésirables sont nombreuses, la transplantation est à privilégier vu qu’elle donne un avantage de taille: tes plants sont tout de suite au dessus de la mêlée et tu n’as pas besoin de surveiller que les fragiles plantules soient dominées.

Pour résumer, voilà nos préférences:

Tableau récapitulatif - semer ou transplanter

3 – Étaler les récoltes dans le temps

Pour que tout ne soit pas prêt à récolter en même temps, espace tes semis dans le temps. Ça évitera de gaspiller travail et légumes parce que tu ne peux pas tout manger ou tout récolter.

Il vaut mieux semer un mètre de radis par semaine pendant deux mois que dix mètres d’un coup! Ca vaut aussi pour les laitues, les choux (sauf le kale dont on récolte les feuilles en continu), les choux-raves, les carottes, les courgettes, etc.

En te fiant aux jours à maturité (JAM) figurant sur les sachets de semences, c’est possible de récolter en continu de juin-juillet à octobre. Il faut juste se rappeler que la croissance est ralentie quand les jours rafraîchissent en automne. Par exemple, si le sachet de radis dit 25-27 JAM, sème à la mi-septembre pour récolter mi-octobre (presque 7 jours de plus).

Pour les tomates, décide à l’avance ce que deviendra ta récolte. Pour cuisiner et transformer, choisis un plant d’une variété déterminée qui donne ses fruits sur une courte période. Pour des sandwich aux tomates tout l’été, choisis une variété indéterminée.

4 – Un plan de plantation pour optimiser l’espace

Un croquis ne peut pas être surestimé quand vient le temps d’optimiser l’espace et la brève saison de récolte. Par exemple, un même endroit peut accueillir successivement des laitues, des radis et encore des laitues.

Un plan aide aussi à se souvenir de ce qu’on a planté et où. Ça permet de faire une rotation des culture d’année en année, c’est à dire d’éviter de planter les mêmes légumes toujours au même endroit. Ca prévient les maladies, certains ravageurs et aide à visualiser où placer les plantes compagnes.

Si l’espace y est, met des fleurs! Les fleurs des plants légumiers attirent les insectes, c’est vr,ai, mais une variété de plantes à fleurs attire encore plus de pollinisateurs. Les plantes indigènes favorisent, ô surprise! les insectes indigènes. L’achillée millefeuille, par exemple, est une de nos préférées. Elle attire non seulement une pléthore d’insectes bénéfiques, elle peut aussi servir à faire des infusions pour soutenir votre système digestif et aider à passer au travers des règles douloureuses. On pourrait nommer beaucoup d’autres herbes comme ça.

PS: Oublie pas d’inclure des zones de circulation pour la récolte et l’entretien dans ton pla!.

5 – Penser à la terre

Pour que les plantes se développent bien, elles ont besoin d’un sol aéré, riche et qui retient l’humidité mais pas trop. Devant toutes les sortes de terreaux disponibles au magasin, facile de s’y perdre. Vu que c’est quand même la base de ton potager, hésite pas à demander conseil selon les cultures que tu prévois. Les tomates et les concombres aiment un sol riche, mais les laitues peuvent se contenter de moins (en règle générale, les légumes-fruits sont plus exigeants). En gros, avec un terreau tout-usage, les légumes-fruit vont probablement bénéficier d’un supplément de 25% à 35% de compost dans le pot. Avec un terreau de potager, pas besoin. Évite comme la peste la terre noire à 99 cennes le sac.

En pleine terre, prévois entre 5 et 8kg de compost par mètre carré de jardin, selon ton sol et la culture à implanter (environ 1/3 à 2/3 de sac de compost par mètre carré). C’est bon de mélanger le compost avec la terre d’origine, mais vu que les nutriments percolent vers le bas lors de l’arrosage, c’est mieux de na pas trop aller en profondeur.

Que tu cultives en pot ou en pleine terre, les plants pourront te remercier d’une fertilisation d’appoint au début de la formation des fruits. On parle de 2-3 tasses de compost en surface dans un rayon de 15-20 cm autour de la tige, pour favoriser le développement des racines.

GO!

Pas sûr.e? Un pouce brun peut très bien apprendre à verdir et cette base devrait aider. De toutes façons, plus tu fais d’erreurs, plus tu apprends! (je sais…)

En tous cas, prends des bonne notes et réfère-toi y d’une année à l’autre.

Si tu savais le nombre d’erreur niaiseuses qu’on a faites à la ferme… Heureusement, finalement: on comprend maintenant bien mieux la dynamique de nos jardins et ça vaut de l’or. 

Ah, la sagesse des jardins.

Notre top 3 des ennemis du potager?

Le zèle
La négligence
Les écureuils
Trucs de jardinage pour un potager sans souci

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